Vaginisme et hypnose

juin 3, 2020

« Le vaginisme est à l’intromission du pénis [ou d’un sextoy], ce qu’est le clignement de l’œil à la pénétration d’un moucheron »
Doc. William S. Kroger.

L’approche du vaginisme par l’hypnose et l’inconscient

Quelques rappels :

Définitions :

  • Le vaginisme est une contraction involontaire et réflexe des muscles du plancher pelvien empêchant toutes pénétrations dans le vagin. Pénétration d’un pénis, d’un doigt, d’un sextoy ou tout autre objet. Il déclenche des douleurs appelées « dyspareunie ».
  • La dyspareunie : douleurs (brûlures, picotements, contractures, démangeaisons, …) ressenties lors d’une tentative de pénétration. Elles peuvent être ressenties avant, pendant ou après la pénétration. On parle surtout de dyspareunie féminine mais elle existe également chez les hommes.
  • Circlusion : néologisme de la philosophe et féministe Bini Adamczak pour éviter d’utiliser le terme de « pénétration » qui peut-être vécu comme violent par certaines personnes. La circlusion est l’effet d’enrober, d’entourer, quelque chose, dans cet article je l’utilise afin de décrire l’action du vagin entourant un pénis/sextoy/doigt.

Mon but n’est pas de faire réussir la pénétration/circlusion à tout prix, mais plutôt le bien-être de l’accompagné.e. Je fais en fonction de ses besoins et de ses envies sexuelles et non des diktats sociaux. Dans le cas de l’accompagnement d’un couple, je m’assure que la demande vienne bien de la personne elle-même et non par pression du partenaire.

Il existe différents types de vaginismes :

  • Primaire ou secondaire : ayant toujours existé ou apparaissant après une période de fonctionnement sexuel satisfaisant.
  • Permanent ou intermittent : existant à chaque tentative de pénétration/circlusion ou survenant de temps à autre.
  • Sélectif ou non-sélectif : existant avec un partenaire ou avec tous les partenaires, dans certaines circonstances ou dans toutes les circonstances.

Rappelez vous que les troubles sexuels sont rarement isolés (par exemple une dyspareunie peut entraîner un trouble du désir, qui lui-même peut entraîner une anorgasmie, etc.). Que les troubles dépendent du contexte et peuvent évoluer en fonction de votre partenaire (par exemple une éjaculation « précoce » peut entraîner une anorgasmie coïtale répétée, donc des troubles du désir avec un.e partenaire mais pas avec un.e autre., etc.).

Pourquoi le vaginisme ?

  • Les raisons physiologiques : certaines formes d’endométriose, tumeurs, troubles post-cancer, anomalies de fonctionnement du plancher pelvien, etc.
  • Les causes psychologiques : anxiété, éducation stricte, religion créant un tabou sexuel, traumatismes sexuels ou non (violences physiques/psychologiques/sexuelle/deuil/…), etc.
 Jamie McCartney
"The Great Wall of Vagina"
Jamie McCartney
Détail de « The Great Wall of Vagina » (2008)

Avoir envie malgré que le corps dise « non » :

On peut être très excité.e, être à fond avec le/la partenaire, avoir une lubrification importante et malgré cela avoir des contractions involontaires des muscles qui ferment le vagin. C’est le principe du vaginisme, le vagin est fermé et les tentatives de pénétration/circlusion sont douloureuses.

Malgré cela vous pouvez avoir une libido très active et même une vie sexuelle satisfaisante, à condition de ne pas pratiquer de pénétration/circlusion.

La spécificité du vaginisme : il est un réflexe involontaire du corps, il s’agit donc de quelque chose d’inconscient. C’est donc avec l’inconscient et le corps qu’il faut travailler et non avec le conscient. C’est pour cela que l’hypnose est efficace dans ce cas : une partie de votre inconscient (l’inconscient est divisé en plein de parties) bloque le passage et vous pouvez négocier avec elle en hypnose.

L’hypnose est l’art d’être en contact et de négocier/modifier son inconscient.

Vous avez mal lors de la pénétration/circlusion ? Elle est impossible ?

Commencez par quitter la logique pénétrative et découvrir d’autres plaisirs.

La première chose à faire en cas de vaginisme : on arrête de forcer, ça ne sert à rien, ça va faire mal et ça va faire plus de dégâts qu’autre chose.

Donc STOP ! On arrête tout, on laisse son vagin tranquille ! Et on réfléchit, on explore …

Si vous en avez envie, vous pouvez essayer un érotisme non-pénétratif, je suis sûr que vous avez des trésors d’imagination sur quoi faire d’autre que le traditionnel pénis/sexoy dans le vagin ! Si ce n’est pas le cas, surfez un peu sur internet, discutez-en avec des ami.e.s ou lisez « sortir du trou » de Maïa Mazaurette, « Au delà de la pénétration » de Martin Page ou « Jouissance Club » de Jüne Pla, vous avez ces livres dans ma bibliographie.

La représentation habituelle de la pénétration/circlusion comme étant au centre de la relation sexuelle est une vision masculino-centrée, pensée pour le plaisir de l’homme en priorité (imaginer que le sexe commence avec une érection d’un pénis et finit avec une éjaculation … ça limite les possibilités !). Il est important d’en prendre conscience et de déconstruire cet a priori culturel.

Vous pouvez avoir une vie érotique riche et très épanouissante sans pénétration/circlusion !

Pour apprendre cette vie érotique non-pénétrative : explorez-vous ! Seul.e ou avec des partenaires. Ouvrez quelques livres, parlez-en autour de vous, participez à des groupes de parole, suivez des comptes Instagram, bref éduquez votre inconscient.

MARJORIE CAMERON /

Songs for the Witch Woman (1952)

Illustrations du recueil de poèmes de Jack Parsons
Aquarelle et encre sur papier
MARJORIE CAMERON
Songs for the Witch Woman (1952)
Illustrations du recueil de poèmes de Jack Parsons
Aquarelle et encre sur papier

L’hypnose et le vaginisme :

L’inconscient est le corps, le corps est l’inconscient :

Séparer le corps et l’esprit est une logique très occidentale et très limitante (un vieil héritage d’Aristote digéré de Descartes …). Mais nous savons actuellement que ce n’est pas le cas, il s’agit d’une seule et même structure : nous-même. Notre corps et notre esprit sont liés, ils sont notre inconscient. C’est pour cela que de nombreuses sensations psychologiques (l’anxiété par exemple) ont des symptômes physiques.

Dans le cas du vaginisme, il ne s’agit pas de lutter contre le corps mais plutôt de l’accompagner pour qu’il puisse vivre mieux, sans douleurs sa vie érotique. On l’accompagne avec tolérance et écoute, à son rythme et en douceur.

Le vaginisme est une réaction du corps, quand il est secondaire il peut survenir suite à des traumatismes physiques, psychiques, sexuelles.

Il convient alors d’avoir une approche liée au fonctionnement de l’inconscient, douce et souple qui s’adapte aux besoins de la personne. Dans tous les cas, on arrête la logique de forcer le vagin et on commence à négocier avec son corps.

Les dilatateurs vaginaux :

Les dilatateurs vaginaux sont des outils phalliques de tailles graduelles avec lesquels la personne va habituer son vagin à recevoir une circlusion. En y enfonçant des tailles de plus en plus grande, on tente d’habituer musculairement le vagin à recevoir un pénis ou un sextoy.

Ces outils peuvent parfois être vécu d’une manière violente et parfois bien acceptés par la personne. L’idée est bien-sûr de se faire accompagner par un.e kinésithérapeute compétent.e sur ce domaine.

On peut toujours regretter la forme phallique des dilatateurs … Nous pourrions avoir le même résultat avec des formes rappelant moins le sexe masculin, comme des formes de gouttes.

L’idée bien-sûr n’est pas d’utiliser les dilatateurs pour nier la réalité de l’inconscient, nier ses peurs car cela risque de déplacer les symptômes dans d’autres domaines de vie. Mais de faire un accompagnement multiple, qui mélange un travail sur l’inconscient avec l’hypnose et un travail physique avec un.e kinésithérapeute.

Personnellement, je privilégie une approche douce, respectueuse de l’insconscient et des émotions de la personne pour accompagner le vaginisme. Mon but n’est pas de réussir la pénétration/circlusion à tout prix, mais plutôt le bien-être de l’accompagné.e. Je fais en fonction de ses besoins et de ses envies sexuelles et non des diktats sociaux.

MARJORIE CAMERON /

Songs for the Witch Woman (1952)

Illustrations du recueil de poèmes de Jack Parsons
Aquarelle et encre sur papier
MARJORIE CAMERON
Songs for the Witch Woman (1952)
Illustrations du recueil de poèmes de Jack Parsons
Aquarelle et encre sur papier

L’accompagnement du vaginisme que je vous propose :

Mon approche s’adapte toujours en fonction de vous, de votre personnalité, de votre imagination, de vos besoins, de vos envies.

Je me fixe à votre conception de votre sexualité et de vos besoins érotiques. En aucun cas l’idée de « résoudre » le vaginisme est un objectif en soi, SAUF si il s’agit de votre demande (et non de la demande de votre partenaire).

Donc si il s’agit de votre demande, j’accepte de travailler avec vous sur la résolution du vaginisme pour pouvoir pratiquer une pénétration/circlusion fluide, agréable et sereine.

Sachez, que je refuse l’idée de « une personne = un symptôme = un protocole ». Vous n’êtes pas un symptôme, vous êtes une personne donc je n’ai pas de modèle fixe dans ma méthode mais plutôt une multitudes d’outils que je mets à votre disposition, dont en voici quelques uns :

  • Le dialogue : nous échangeons pour définir votre problématique et vos besoins. Vous pouvez venir de la part de votre médecin, gynécologue, sage-femme, …
  • Une approche qui mêle sexologie et hypnothérapie. Donc des conseils sexo (une sexualité non pénétrative, etc) et des exercices d’hypnose à faire ensemble et également chez vous.
  • Le travail sur les souvenirs : si c’est un vaginisme secondaire (donc après un événement traumatique), nous travaillerons sur ces souvenirs pour les décharger émotionnellement. Que vous puissiez être en paix avec cela.
    Notez que le vaginisme ne vient pas forcément d’un souvenir « traumatique » sexuel mais peut venir d’un souvenir non-sexuel (un décès, une agression, une séparation, un accident, etc.).
  • La gestion des émotions et notamment de la peur, nous allons explorer ce qui peut faire peur dans l’inconscient à l’idée d’une pénétration et désactiver ces peurs en leur permettant de s’exprimer dans un lieu sécurisé.
  • La réappropriation du corps : si vous avez subit des violences sexuelles ou si votre éducation fait que l’érotisme est un tabou, l’hypnose peut vous permettre de vous réapproprier votre corps et son fonctionnent sensuel.
  • L’érotisme comme voie thérapeutique : l’idée est de vous faire prendre conscience de votre potentiel érotique. A travers des exercices, de l’hypnose mais aussi des prescriptions de tâches (des choses à faire pour la prochaine séance que nous décidons ensemble).
  • La détente des muscles : on peut en hypnose détendre ou tendre les muscles à volonté. C’est une des manifestations assez impressionnantes de l’état hypnotique qui peut-être utile chez les sportifs, à l’hôpital pour des examens, pour la gestion de la douleur, etc.
    L’idée c’est que je vous apprenne à le faire pour que vous puissiez le faire chez-vous et seul.e.s.
  • L’autohypnose : je vous apprends à pratiquer l’autohypnose pour que vous puissiez l’utiliser chez vous à volonté. Cela peut vous permettre de bien gérer vos émotions et votre peur avant une relation sexuelle.
  • La rééducation des muscles après un accident ou une maladie en hypnose. Je me sers pour ça des méthodes du Docteur Gilbert Tordjemann (sexologue et hypnothérapeute, fondateur de l’association mondiale de sexologie).

Combien de séances sont nécessaires : comme il s’agit d’un suivi thérapeutique, je propose 6 séances, séparées de 15 jours. Pour un suivi de plusieurs plusieurs mois. Mais bien-sûr c’est en fonction de la relation thérapeutique et de l’avancée des problématiques.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou des remarques sur le contenu de cet article.

Bien à vous,

Tristan