Le confinement : à chacun son île

mars 19, 2020

Réussir à allier confinement et bien-être.

“Chacun de nous porte en lui ces propres îles, refuges contre la bêtise, la laideur et la sourde contrainte d’un ordinaire non-désiré. ”
Jacques Chancel , Tant qu’il y aura des îles

Vous allez penser que je suis devenu dingo à force d’être enfermé chez moi ? Non… C’est bel et bien mon propos : oui le confinement lié au Coronavirus peut-être un moment de bien-être, même dans un simple appartement entre quatre murs.

Mais pour comprendre cela il faut revenir aux bases : la peur du confinement c’est la peur de l’isolement.

La source des mots :

Le mot isolement vient du mot latin insula/isola « île », donc être isolé c’est « prendre la forme d’une île », plutôt poétique non ?
Autant la solitude peut-être choisie (retraite, méditation, etc.), autant l’isolement est imposé. Et avec le COVID-19, l’isolement est clairement imposé par l’Etat pour de nombreux français.

Pourquoi a t’on peur de l’isolement du confinement ?

  • Parce qu’être seul c’est être face à soi-même. Et quand on subit ses émotions (au lieu de les vivre) notre quotidien devient un terrain de conflits. Donc on fuit les conflits et les émotions…
  • Parce qu’être isolé avec d’autres, c’est aussi être face à ce que les autres nous renvoient de nous-même. Si un proche m’énerve c’est qu’il me renvoie quelque chose que je vois en moi-même, ou que je refuse de voir. D’où mon énervement.
  • On fuit cet isolement si terrifiant en étant toujours en contact avec les autres, surtout avec les proches (addiction aux réseaux sociaux). En mangeant avec excès (le paquet de bonbons de la compulsion alimentaire), en prenant de la drogue. Bref, on remplit ce gouffre d’angoisse en soi avec ce qu’on a à porté de main ou de texto. Evidemment cela aggrave la situation, un gouffre ne se remplit pas de nourriture, il se comble et se répare avec de la confiance, de l’amour et de la tolérance.
  • Si l’on croit (fausse croyance) que l’on dépend des autres pour être bien alors forcément l’isolement est une épreuve prométhéenne (vous vous souvenez ? Celui qui se faisait manger le foie tous les jours par un aigle. Aïe ! ). Une épreuve qui vous torture tous les jours de votre vie.
Lac de Bled Slovénie
Lac et l’île de Bled en Slovénie.

Cesser de souffrir de l’isolement ? S’aimer soi-même ! Aimer son île !

Si il y a bien une personne que vous allez côtoyer toute votre vie, 24/24h, au quotidien : c’est bien vous-même ! De votre naissance jusqu’à la fin.

Imaginez deux amis, on va les appeler « Conscient » et « Inconscient ».
Conscient et Inconscient sont obligés de vivre sur la même petite île durant toute leur vie (c’est vous l’île). Ils peuvent faire des balades, mais rapidement ils se rencontrent à nouveau, ils ne sont jamais seuls, l’autre n’est jamais loin.

Ces deux amis passent leur vie ensemble… Mais si un conflit éclate, jusqu’à quand va-t’il durer ? Combien de temps allez-vous tenir ? Une heure ? Deux semaine ? Trois ans ? Vous l’avez compris, parfois on est en conflit contre soi-même pendant des années… Et personne n’a envie de rester sur une petite île en pleine crise entre ses occupants.

Vous comprenez donc pourquoi il est important de vous aimer ? Vous êtes obligé de vous côtoyer vous-même tout le long de votre vie ! Alors autant bien s’entendre avec vous-même. Bien-sûr chacun a son île, j’ai la mienne, vos amis ont les leurs et vous avez la vôtre.

Donc je ne suis jamais vraiment seul ? Et bien oui ! Vous êtes toujours en compagnie de vous-même !

Si dans cette belle île qu’est votre corps, votre conscient et votre inconscient sont comme deux meilleurs amis, comme deux frères, il n’y a plus d’angoisses, plus de conflits. Juste vous, entier dans votre multiplicité.

A propos, j’ai simplifié cette explication : votre inconscient est fractionné en morceaux indépendants. Il ressemble plutôt à une foule de petits bonshommes (des parties inconscientes) qu’à un seul personnage. Donc imaginez l’Auberge Espagnole dans votre tête ! C’est important de savoir communiquer avec soi !

Montagne Kirkjufell en Islande
La montagne de Kirkjufell, montagne située sur la péninsule de Snæfellsnes en Islande.

Comment s’aimer soi-même ?

Vous allez me dire : « ça ne se décrète pas un jour au réveil »… Et pourquoi pas ?! Pourquoi on ne pourrait pas se réveiller un jour et se dire : « aujourd’hui et tous les autres jours de ma vie, je m’aime comme je suis » (essayez et vous verrez) ?

Vous pouvez vous appuyer sur ce que dit Victor Serge : “Il faut être soi-même simplement, pleinement, sans abdication comme sans désir de diminuer autrui.” (oui je viens de citer un révolutionnaire anarchiste et libertaire…)

Quelques conseils et astuces pour améliorer l’amour de soi :

  • Rien à foutre (et surtout du regard des autres) : vous connaissez la technique que je vous apprends en atelier autohypnose (celui sur le lâcher-prise) ? La voici : vous prenez une grande inspiration et vous fermez les yeux, ouvrez les yeux, expirez tout l’air et dîtes-vous bien fort « rien à foutre de *** « , (mettez-y ce que vous voulez). Exagérez le trait, allez-y franco, criez le dans votre tête ou à voix haute ! « RIEN À FOUTRE » même si vous parlez de votre famille, de votre patron, de la chute du CAC40, du caprice de votre petit dernier, de votre petit ami, etc. L’idée ce n’est pas de nier le problème, mais de le dédramatiser.
  • Faites de l’art ! Non ce n’est pas que pour les bobos (vous savez qu’ en sociologie les « bobos » n’existent pas ?). Faites preuve de créativité ! Musique, dessin, sculpture, papier mâché, écriture, danse, etc. Je vous parle en tant que Conseil-Expert en art : oui l’art détend, c’est bon pour le moral, pratiquer le BEAU rend MEILLEUR (lisez François Cheng). La créativité muscle le cerveau, permet à des émotions enfouies de ressortir, vous donne une image positive de vous-même et plein d’autres choses ! On se fout du résultat (sauf si vous voulez vendre la toile sur laquelle vous avez peint votre rage), la seule chose qui compte c’est que les tensions ou les émotions sortent !
  • Soyez indulgent avec vous-même ! Vous avez aussi le droit d’aller mal de temps en temps, l’ « happycratie » vous attendra bien un jour de plus… Je suis sérieux, vous n’allez pas pouvoir vous sentir mieux dans votre peau si vous vous accusez tous les matins de tous les maux de la Terre et qu’en plus vous vous obligez à être heureux malgré tout, « comme si de rien n’était ». Alors s’il vous plait lâchez-vous la grappe. Si vous avez peur, si vous êtes en colère, si vous êtes triste, c’est que vous êtes humain. Cela peut arriver, c’est juste NORMAL (c’est lorsque que cela dure trop longtemps ou que c’est trop douloureux que c’est dangereux, dans ce cas, prenez rendez-vous avec un spécialiste).
    À propos d’émotions, quelque chose d’utile que l’on devrait tous savoir : vos émotions vous appartiennent. Ce n’est jamais l’autre qui déclenche vos émotions (je ne parle pas d’agression physique, sexuelle ou psychologique). Vos émotions se déclenchent en réaction à ce que fait l’autre, mais ce sont vos émotions. À vous tout seul. Cela veut aussi dire que VOUS N’ÊTES PAS RESPONSABLE DES ÉMOTIONS DES AUTRES, même si c’est votre enfant, votre petite amie, vos parents, etc. Chacun les siennes. On peut échanger sur les émotions respectives, on peut dire à l’autre ce qu’on ressent, comprendre ce que ressentent les autres. Mais chacun d’entre nous est responsable des siennes (et c’est déjà pas mal…).
  • Apprenez, cultivez-vous. Soyez curieux ! L’inconscient a besoin de matière pour fonctionner. Imaginez votre inconscient comme un enfant, il ne peut décrire le monde qu’avec les mots qu’il apprend et il a très soif de cette connaissance. Si vous ne lui donnez que 10 mots pour décrire ce qu’il voit ou ce qu’il ressent, vous risquez de vite en faire le tour et vous ne ferez pas la différence entre plusieurs ressentis. Alors que si vous offrez à votre inconscient des livres entiers de connaissance, il va pouvoir mieux comprendre le monde et mieux le décrire. Des livres ou des vidéos YouTube, des TED-X, des magazines, des discussions avec des amis, des voyages (quand le confinement aura pris fin), etc. Bref, soyez curieux !
  • Faites du sport. Comme vu tout à l’heure, vous allez vous côtoyer vous-même durant toute votre vie. Donc voyez votre corps comme le vaisseau sur lequel vous partez à la découverte des étoiles. Si vous ne prenez pas soin de se corps, vous allez en souffrir et le voyage ne sera pas confortable. Bougez, marchez, courez, faites l’amour, sport individuel ou collectif. En faisant cela vous allez augmenter votre espérance de vie mais vous allez surtout augmenter votre QUALITÉ de vie.
  • Faites vous jouir ! Je vous vois venir… Oui, je parle d’érotisme. Mais pas que !
    Masturbez-vous de la tête aux pieds, jouissez de chaque partie de votre corps. Votre corps est une gigantesque machine à plaisir : 100 000 000 000 (cent milliards) de terminaisons nerveuses, soit 150 000 kilomètres de nerfs, dont des concentrations dans le gland et le clitoris, alors autant en profiter, c’est bon pour la santé. Mais rappelez-vous quelque chose d’essentiel : c’est avec le cerveau que l’on jouit, quand vous avez un orgasme, votre cerveau s’active TOTALEMENT. C’est le cerveau qui autorise (ou interdit) au corps de jouir. Alors essayez tout ce qui vous passe par la tête (dans un cadre légal, sécuritaire et respectueux de vos/votre partenaire/s). Ce plaisir immédiat est un plaisir auquel vous avez le droit, faites-vous l’amour.
    Il n’y a pas que la jouissance des orgasmes érotiques, il y a aussi la jouissance de voir des amis (par visioconférence lors du confinement), la jouissance d’un bain chaud, la jouissance d’un bon plat, etc.
Île de Norvège photographie par Maud Subert
Île de Norvège – 2014 – photographie par Maud Subert

Vous avez le pouvoir, le pouvoir de changer la situation et vos ressentis, même si vous êtes isolé chez vous, dans votre île. Choisissez de prendre les choses en main, en vous disant que cet isolement est un choix. Préférez vous dire à vous-même « je choisis de rester chez moi, pour le bien de toutes et de tous » plutôt que « l’État m’oblige à rester chez moi », vous allez devenir ainsi un acteur de cette situation et arrêter de la subir. Vous restez chez vous car vous êtes capable de le faire, c’est un comportement courageux. Et ce comportement sauve des vies.

Car après tout, nous avons toujours le choix et cette fois-ci, nous avons choisi le choix de la vie. Une vie sur une île, mais le choix de la vie.

Et vous, comment est votre île ?

Courage à toutes et tous,

Tristan

À mesure que je m’en éloigne, ma vie passée se dessine comme une île.”
Paul Claudel

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Hypnose et sexologie à Tours (37) – Sexologue, hypnothérapeute