Gestion des émotions : la peur

avril 24, 2020

Vous avez peur ? C’est que vous-êtes en vie !

Gustave Courbet Le Désespéré
« Le Désespéré » (autoportrait)
1843-1845, huile sur toile, 45 x 54 cm

Gustave Courbet (1818 – 1877)

Je vous ai mis plein d’œuvres d’art en rapport avec la peur tout le long de l’article.

La gestion des émotions

La peur est une des principales émotions que vous pouvez ressentir. Elle peut vous sauver la vie en vous donnant un bon réflexe comme tout autant vous gâcher la vie si jamais elle s’installe sur la durée ou atteint des proportions gigantesques.

Apprendre à gérer sa peur, c’est apprendre dépasser ses limites, améliorer l’image que l’on a de soi et des autres, c’est vivre pleinement.


Avant de parler d’elle en particulier, je vous propose un petit point sur le fonctionnement globale des émotions humaines, valable pour les principales grandes émotions (peur/colère/tristesse/joie) et surtout pour celles vécues difficilement :

  • Les émotions sont des informations qui viennent de votre corps et de votre inconscient pour vous prévenir de l’état émotionnel dans lequel vous êtes. Elles sont donc précieuses pour vous connaître.
  • Les émotions sont neutres, c’est vous qui les jugez. Elles ne sont ni négatives, ni positives, elles sont ce qu’elles sont, juste des informations. Ce sont des messagères de votre état physique et psychique.
    Malgré qu’elles puissent nous transporter de bonheur ou nous faire sentir plus très mal, elles sont neutres. C’est la manière dont vous allez les gérer qui va faire toute la différence, êtes-vous en train de les subir ? Ou êtes-vous en train de les gérer ?
  • Si vous ressentez des émotions c’est que vous êtes humain.e. Ressentir des émotions est normal, aussi normal que la présence d’un arbre dans une forêt.
    Penser que les émotions sont soit positives, soit négatives c’est se mettre dans une posture jugeante vis-à-vis d’elles (défense ou sympathie). C’est donc un biais qui limite votre connaissance de vous-même et la gestion de vos émotions.
    Il existe des maladies et des comportements inconscient qui nous empêchent de ressentir des émotions (par exemple l’anhédonie, la dépression indifférente, la psychopathie, un trouble émotionnel post-traumatique, etc).
    Si c’est votre cas, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un professionnel de la santé mentale.
  • Les émotions ont des messages à vous transmettre ! La nature ne fait rien par hasard, elles sont là pour vous aider. Par exemple la peur vous dit qu’il y a un danger, la colère vous dit que quelqu’un ne respecte pas vos valeurs, la tristesse vous dit qu’une chose est finie, etc. Apprendre à les écouter c’est apprendre à être soi-même.
  • Les émotions plus ont les fui, plus elles sont fortes. Elles vous courent après ! Comme des enfants qui auraient besoin d’attention.
    Donc si vous allez à leur rencontre d’une manière neutre, attentive et à l’écoute : elles deviendront plus gérable.
  • Chacun gère ses émotions, nos émotions nous appartiennent.
    Même si j’ai l’impression que c’est l’autre qui déclenche des émotions fortes chez moi, ce n’est pas le cas. C’est MOI qui déclenche des émotions en réaction à ce que fait l’autre.
    Ce qui veut dire que chacun d’entre nous est responsable de ces émotions, mais aussi que je ne suis pas responsable des émotions des autres (je ne parle pas d’agression physique ou psychologique bien-sûr, juste de rapports humains standards).
  • Les émotions sont la confirmation que vous êtes en vie.
    Quand je demande aux personnes que j’accompagne de me décrire leurs sensations lors de moments d’ennui, de déprime, lors d’un trouble émotionnel post-traumatique ou même d’un accompagnement de fin de vie.
    Il revient souvent une chose : l’impression de vide, l’absence de toutes choses/sensations/émotions et l’on compare souvent cela à la mort. Ou plutôt à l’absence de vie.
    Ressentir des émotions (même si c’est une émotion douloureuse) serait alors, une confirmation que l’on est en vie. Ce qui est déjà un cadeau en soi.
Anxiété Edvard Munch
« Anxiété »
1894, 94 x 74 cm, Huile sur toile
Munchmuseet

Edvard Munch (1863 – 1944)

Oui, c’est presque le même tableau que « Le cri » , il s’agit du même paysage en arrière plan : le fjord d’Oslo vu d’ Ekeberg. mais celui-ci a été fait un an plus tard.

Le fonctionnement de la peur

Les informations biologiques

La peur, est une émotion et un comportement commun à toutes les espèces sensibles, animaux humains comme animaux non-humains …

Elle fonctionne de la manière suivante :

L’amygdale est la partie de votre cerveau qui gère la peur. L’amygdale déclenche la production d’un neurotransmetteur (le réseau internet du cerveau), le « glutamate » qui va déclencher à son tour une réaction en chaîne du corps : création de plusieurs hormones, analyse de la situation, mécanisme de défense, de fuite ou de combat…
Bref vous rentrez en mode frousse, dans cet état vous êtes capable d’avoir de meilleurs réflexes, de courir plus vite (ou de vous figer comme un lapin devant des phares…).

Vous avez plein d’infos ici et sur cette petite vidéo ludique.

La peur dirige nos réflexes et c’est tant mieux ! C’est en partie grâce à elle que notre espèce survit depuis des millions d’années (heureusement que nos ancêtres ont eu peur et ont fui devant le tigre à dents de sabre !).

La peur est donc utile et naturelle à notre fonctionnement et notre survit.

La peur nous connecte à l’autre

J’ai peur, les autres ont peur. Nous partageons cela. Nous sommes connectés. Si je comprends cela je vais cherche à être bienveillant avec mes proches et les autres personnes que je connais. Si l’autre à peur, même si je ne comprends pas sa peur, je peux le respecter et respecter ses émotions.

Mais c’est aussi une manière de comprendre la souffrance des autres espèces animales que nous. Cette posture de compréhension, plus sensible peut changer notre comportement éthique.
L’orque captif dans un parc aquatique ressent autant la peur, la souffrance psychique et le stress qu’un chimpanzé ou qu’un enfant humain. C’est important d’en avoir conscience.

La peur selon Tonton Darwin :

« L’homme effrayé commence par se figer comme une statue, immobile et sans respirer, ou s’accroupit comme instinctivement pour échapper au regard d’autrui. Le cœur bat violemment, et palpite ou bat contre les côtes… La peau est très affectée par une grande peur, nous le voyons dans la façon formidable dont elle sécrète immédiatement de la transpiration… Les poils sur la peau se dressent; et les muscles superficiels frissonnent. Du fait du changement de rythme cardiaque, la respiration est accélérée. Les glandes salivaires agissent de façon imparfaite; la bouche devient sèche, est souvent ouverte et fermée. »

Charles Darwin – L’expression des émotions chez l’Homme et les animaux (1872)
"Le triomphe du doute" victor braumer
« Le Triomphe du doute »
1942, 82 x 100 cm, huile sur toile
Houston, The Menil Collection.

Victor Brauner (1903 – 1966)

La peur de la peur : c’est là qu’est le problème

On vient de le voir, la peur est utile et naturelle.
Mais certaines sont plus dangereuses que d’autres.

Parfois votre cerveau croit que le danger est réel alors que ce n’est pas le cas (une fenêtre grince, j’ai peur que ce soit un cambrioleur alors que ce n’est que le vent).
C’est là que commence le couac avec la peur, c’est quand elle n’est pas « rationnellement » justifié. Par exemple la peur de parler en public (personne ne va vous manger en vrai), la peur de sortir dehors, la peur du noir, la peur d’être aimé, la peur des araignées, etc.

Le problème n’est bien souvent pas la peur, mais la peur de la peur. C’est quand vous commencez à avoir peur à l’idée d’avoir peur que les ennuis commencent. C’est l’angoisse, l’anxiété, l’inquiétude, les affres du quotidien qui nous pourrissent parfois l’existence.

Par exemple, si je sors dans la rue pour aller faire des courses et qu’une voiture pile devant moi c’est normal que j’ai peur : c’est le stress biologique pour la survie. Mais si je m’empêche de sortir de chez moi car il y a des voitures dans les rues et qu’elles pourraient peut-être m’écraser… c’est là un problème.

Avoir peur c’est ok. Mais la peur de la peur c’est pas ok, c’est le début des phobies.

S’empêcher de vivre par peur, c’est ce que j’appelle « être en deuil de la vie en étant vivant » (vous la voyez la confusion ?). C’est refuser de vivre par peur de mourir ! C’est la « peur-limitante ».

C’est le moment où vous vous empêchez faire quelque chose qui pourrait très bien se passer parce que vous avez peur que cela se passe mal …
Je m’empêche de vivre une histoire d’amour qui commence bien car je suis effrayé à l’idée d’être trop attaché et que je puisse souffrir de cet amour … cela vous ait déjà arrivé ? Oui oui, on connaît toutes et tous ça.

C’est cette « peur-limitante » qui mène au côté obscur (vous saviez que cette citation de Yoda est inspiré de Averroès quand il dit : « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. » ? )

Pour résumer : cette peur de la peur, cette « peur-limitante », vous met dans une posture où vous subissez vos émotions au lieu de les vivre.

Dans ce cas, vous pouvez vous faire accompagner par quelqu’un dont c’est le métier, votre hypnothérapeute par exemple.

La peur fabrique votre courage

On a vu que la peur est normale, c’est une réaction naturelle et utile à votre survit, ça ok. Mais la peur est aussi utile à votre apprentissage. Pourquoi ?

En ayant peur vous vous créez des limites. Ces limites définissent votre environnement et vous vous sentez en confiance à l’intérieur. C’est votre ZONE DE CONFIANCE.

Mais dans une zone de confiance, aussi confortable soit-elle, peut aussi être une prison qui nous empêche d’atteindre notre objectif qui est EN DEHORS DE NOTRE ZONE DE CONFIANCE.

C’est là que vient le courage. Contrairement à ce qu’on voit dans les films hollywoodien c’est notre peur qui fabrique notre courage. Quelqu’un qui n’a jamais eu peur de sa vie n’aura aucun courage.

Vous avez déjà eu peur ? Vous êtes courageuse ou courageux.
Vous avez déjà eu très peur ? Alors vous allez être super courageuse ou courageux !

Car la peur créé le courage et le courage c’est faire des choses dont on a peur.

Or, faire des choses dont vous avez peur vous fait sortir de votre zone de confort.
Sortir de votre zone de confort vous fait évoluer et augmente votre confiance en vous.
Évoluer fait que vous êtes pleinement vivant.
Et être vivant c’est plutôt cool. C’est « jouir » de la vie.

Fuir sa peur : la rendre plus forte.
Lui rendre visite et lui demander pourquoi elle est si puissance : vous rendre plus fort.

La peur, créatrice de limites : du carcan limitant à la frontière utile

En tant qu’outil de survit, la peur créé des limites, ces limites sont utiles à votre intégrité physique et psychique (ne pas mettre la main dans le feu par peur de se blesser par exemple). Cependant ces limites peuvent aussi vous empêcher d’atteindre des objectifs que vous vous fixer.

Par exemple :
– j’ai peur de sauter en parachute, c’est une peur biologique (l’inconscient ne comprend pas forcément qu’il y a la sécurité du parachute).
– je m’empêche de manger seul dans un restaurant ou de parler en public par peur du regard des autres, c’est une peur anxieuse et non une peur biologique.


Frida Kahlo Girl With Death Mask
« Fille au masque de mort »
1938, 15 x 11 cm, huile sur toile
Frida Kahlo (1907 – 1954)

Comment gérer sa peur ?

Ceci se fait en plusieurs étapes :

1. Je me lâche la grappe
2. Je remercie mon inconscient
3. Je brise le cercle vicieux des souvenirs
4. Je bouge les frontières de mon cercle de confort

L’idée est de devenir acteur de sa vie.
Donc vous passer de « je subis mon émotion » à « je comprends mon émotion », de « je comprends mon émotion » à « j’agis avec et sur mon émotion ».

Je subis -> je comprends -> j’agis.

1. Je me lâche la grappe : la tolérance de/avec soi

La règle numéro 1 – celle valable pour toutes ces émotions difficiles à gérer (peur/colère/tristesse) – est : JE ME LÂCHE LA GRAPPE.

Vous avez le droit d’être anxieux parfois ! Soyez tolérant avec vous-même à ce sujet. En revanche, si vous êtes tellement anxieux que vous ne pouvez pas vivre au quotidien prenez un rendez-vous, on en parlera autour d’un thé au cabinet et on fixera ensemble vos objectifs.

Comme toujours, l’idée est de dédramatiser (non de nier) cette frayeur. En agissant ainsi, vous allez diminuer son pouvoir et sa force. Donc la rendre plus gérable.

Oui parfois on a peur, vous comme moi, comme le voisin, comme tout le monde (sauf Davy Crockett).

2. Je remercie mon inconscient

Là vous allez me dire : « remerciez mon inconscient alors qu’il me fait peur ?! C’est quoi ce délire ?! »

Et bien oui …. Voilà pourquoi :

La peur est un phénomène de protection. Votre inconscient en déclenchant de la frayeur veut vous protéger. Rien de plus, rien de moins.

Il veut vous empêcher de (re)vivre une situation dangereuse pour votre psyché ou votre corps.

Vous voyez à quel point c’est inutile de s’énerver contre un enfant qui a peur ? Cela ne va rien arranger, au contraire vous allez lui faire encore plus peur …
C’est la même chose avec votre inconscient, si vous rentrez en guerre contre lui parce que vous avez peur, vous allez nourrir cette peur et la double de colère.
Donc prenez le temps de remercier votre inconscient pour sa bonne volonté et de lui expliquer que son comportement est compréhensible. Mais que préféreriez qu’il déclenche un cercle de récompense plus utile, par exemple en déclenchant du courage !

Rappelez-vous les conseils de Sénèque « Commence déjà à être l’ami de toi-même. Tu ne seras jamais seul. »

Pour ça, l’hypnose est un merveilleux outil (comme vous êtes en contact direct avec votre inconscient) !

3. Briser le cercle vicieux des souvenirs

Les souvenirs sont des contenants, ils contiennent les émotions vécues lors d’un événement événement ou d’une période. Ces émotions continuent à vivre en vous toute votre vie. Donc une situation actuelle qui vous stresse vous renvoie directement à une situation parallèle que votre inconscient à vécu, même si c’était il y a 30 ans.

Souvent, quand on a peur c’est que notre inconscient met en parallèle des situations qui se ressemblent symboliquement.

Deux exemples de personnes qui j’ai reçu à mon cabinet à Tours (les noms ont été changé) :

Rosa, 43 ans a fait un burnout en 2010, entre sa famille et son boulot, le rythme était insupportable. Dix ans après, en janvier 2020, Rosa cherche un nouveau travaille et a un entretien d’embauche. Lors de l’entretien on lui demande « êtes-vous capable de gérer le rythme de travail de notre société ? », une phrase bateau de recruteur. Cette phrase déclenche une grande angoisse chez elle et l’a complètement paralysée, elle rate son entretien d’embauche en se mettant à pleurer devant le recruteur.
Rosa et moi avons travaillé ensemble à reconstruire une image positive d’elle-même en gérant ce traumatisme du burnout mais aussi lui permettant de fixer les limites dans sa vie personnelle et le partage des taches dans le foyer.

Ses prochains entretiens se sont mieux passés. Je n’ai pas de nouvelles depuis.

Mathieu a des problèmes de confiance en soi, il est jaloux avec sa compagne et a peur de parler en public.
Il a vécu, à ses 8 ans, le divorce de ses parents, son père était très dur avec lui durant toute son enfance, sa sœur quitte le foyer à ses 12 ans sa sœur, à 16 ans il vit un chagrin d’amour, à 32 ans le décès de sa mère, à 37 ans un divorce.
Une vie qui ressemble à beaucoup d’autres, parsemée de pertes et de départs.
Le point commun entre toutes ces situations vécues par Mathieu ? La blessure d’abandon.
Ses souvenirs étaient encore chargés d’émotions, traumatiques, dans l’inconscient de Mathieu et l’empêchaient de vivre pleinement sa vie.
Après un bon « nettoyage mémoriel », le présent lui paraissait déjà plus facile à gérer.

Ces deux exemples nous montrent une chose : le poids des souvenirs, le poids des émotions contenus dans les souvenirs. Apprendre à gérer ses souvenirs peut vraiment changer votre vie.

Pour briser ce cercle vicieux, il faut savoir gérer ses souvenirs et leurs contenus. Pour ça, l’autohypnose peut être utile pour gérer le quotidien et des séances en suivi thérapeutique pour les souvenirs les plus difficiles.

4. Sortir de sa zone de confiance

La peur peut nous paralyser et nous bloquer dans une zone de confiance où tout semble figer.

Combien de fois ai-je entendu « J’aimerais que tout change mais je veux que rien ne change ! » : même si cette situation est insupportable, pourvu que rien ne bouge ! De peur de tout perdre !

Mais alors comment sortir de ce carcan d’angoisses ?

L’importance du plan !
Fixez-vous des objectifs, l’inconscient a besoin de ça.

Chaque chose en son temps : sortir de sa zone de confiance, c’est une course de fond et non un sprint. Les petits efforts de la vie quotidienne sont un moyen génial d’arriver à repousser ces limites (voyez à ce sujet l’excellente vidéo de « Et tout le monde s’en fout »). Plein de petits défis mis bout à bout ! L’idée est de vous prouver à vous-même que vous en êtes capable.

Par exemple :
Vous manquez de confiance en vous et vous rêvez d’être capable de partir en voyage en solitaire ? Ok.

Commencez par boire un café en solitaire, à un bar, en terrasse, devant tout le monde.
Puis allez au cinéma.
Essayez la salle de sport.
Pourquoi pas demander l’heure à quelqu’un dans la rue ?

Vous seriez capable de vous faire un après-midi balade en solitaire ?
Et si vous essayiez de vous faire un weekend tranquille en bord de mer loin de la famille ?
Et après ce weekend réussi … Qu’est ce qui vous empêche de partir une semaine quelque part ? RIEN !

En déconstruisant l’ancienne réalité où vous aviez peur, petit à petit vous allez construire votre nouvelle réalité, une réalité courageuse où vous êtes capable de partir à l’aventure.

Pour conclure sur ces étapes de gestion de la peur : de la tolérance avec soi-même – sympathiser avec son inconscient – désactiver ses traumatismes – partir à l’aventure !

Pape hurlant Francis Bacon
« Study for a Head 1952 »
Etude pour « The screaming Pope »

66 x 56 cm, huile sur toile, 1952
Collection privée

Francis Bacon (1909 – 1992)

Et la peur des autres dans tout ça ?

Nous venons de voir comment gérer votre peur à vous. Mais comment réagir face à un proche ou un inconnu qui a peur ?

Rappelez-vous que chacun est responsable de ses émotions, c’est déjà bien. Mais on peut aider et assister les autres, surtout si ils/elles vous le demandent.

La première chose et la plus important : la reconnaissance.

Nier les émotions de autrui est une bombe à retardement, ne faîtes jamais ça.

Au contraire, lui dire que vous le croyez et que vous reconnaissez cette peur. C’est un premier pas pour calmer une situation de crise.

PETIT TEST :

Vous êtes en face d’un proche qui traverse un épisode anxieux.

Quelle est la phrase qui est la plus utile entre la A et la B ?
(c’est un examen noté sur 20, vous avez 1h).

  • REPONSE A : « Arrête de flipper pour rien ! Tu vois bien que ce n’est rien du tout ! Ressaisis toi ! Tu m’énerves à avoir tout le temps peur, ça me stresse ! »
  • REPONSE B : « Je comprends que tu es peur, c’est normal de ressentir ça dans ta situation. Si tu as besoin d’en parler ou tout simplement d’une présence, saches que tu peux le faire avec moi ».

(Si vous avez répondu REPONSE A, relisez tout cet article depuis le début en prenant des notes, respirez un grand coup et sortez prendre un bol d’air).

« C’est normal d’avoir peur », « je comprends ta peur », « je sais que tu ressens de la peur », « moi aussi ça m’est arrivé d’avoir peur », « si tu le souhaites, je suis là pour t’écouter »… tant de phrases qui soulage votre interlocuteur. Car en reconnaissant sa souffrance, vous allez créer un mécanisme d’apaisement chez lui et créer du dialogue.
C’est le début d’un nouveau cycle plus léger et agréable pour lui.

En agissant ainsi vous allez relativiser, dédramatiser (et non nier brutalement et bêtement) la situation. Donc vous lui offrez un moment, un lieu, un temps, sécurisé où il ou elle va pouvoir s’exprimer sur ce qu’il ressent.

Comprendre la peur d’autrui.

Parfois la peur nous fait faire des choses idiotes, nous fait prendre des décisions exagérées ou irrationnelles. C’est ce qu’on appelle la « peur-comportementale », l’influence de la peur sur vos comportements.

Combien de décisions ont été prise par peur ? Combien de fois avons nous agis par frayeur ? Par jalousie (peur des autres, manque de confiance en soi) ? Les tromperies (tromper l’autre par peur de trop s’engager) ? Combien de réactions bouillonnantes ont eu lieu sous le coup de la peur et de la colère ?

Les autres, comme nous-mêmes peuvent parfois avoir des réactions extrêmes à cause d’une peur. L’idée est d’être dans une posture de compréhension vis-à-vis de cela, voire de pardon.

C’est se permettre à soi de se pardonner son propre passé.


Compréhension, non-jugement, reconnaissance de l’autre, discussion ouverte et tolérante. Des outils qui peuvent vous aider si vous êtes en face de quelqu’un qui traverse une période d’anxiété et d’angoisse.

Odilon Redon l'oeuf
« L’œuf »
1885, 29,3 x 22,6 cm, lithographie
MoMA

Odilon Redon (1840 – 1916)

Merci pour votre lecture,
Tristan

Pour aller plus loin :

Christophe André, Psychologie de la peur – Craintes, angoisses et phobies, 2005, Odile Jacob
Daniel Goleman, L’intelligence émotionnelle – analyser et contrôler ses sentiments et ses émotions, et ceux des autres – Tome 1 & 2 – J’ai Lu – 2014 – 925 pages
Stéphanie Hahusseau, Tristesse, peur, colère: Agir sur ses émotions, Odile Jacob, 2011

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Hypnose et sexologie à Tours (37) – Sexologue, hypnothérapeute